Fabien Bazin
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Dix propositions pour mieux vacciner

Par Fabien Bazin, maire de Lormes et vice-président du conseil départemental de la Nièvre.

Depuis dix jours, nous sommes sidérés par le brouillard informatif et le marasme administratif dans lequel sont plongés les centres de vaccination Covid-19. Alors que les communes proposaient depuis plusieurs semaines de créer des centres de vaccination, l’État – par son organisation maladroite – ne leur a laissé que cinq jours pour les monter dans l’urgence.

Il fallait être opérationnel le lundi pour finalement apprendre le dimanche que le nombre de doses de vaccins était divisé par deux ou trois, selon les territoires. Cette approximation permanente est symptomatique de deux choses : l’impréparation caractérisée de notre gouvernement depuis le début de la crise sanitaire (bien que nous pouvons leur accorder la soudaineté de la pandémie) et surtout le manque de confiance envers les élus de la République, qui n’ont de cesse de proposer de nouvelles solutions pour lutter collectivement contre le virus.

Un flou permanent et décourageant

Alors que la mobilisation des élus, des villes, des soignants et des agents des collectivités a été phénoménale (dans la Nièvre, nous avons mis en place onze centres de vaccination en moins d’une semaine), ce flou permanent est décourageant pour ceux qui investissent une formidable énergie collective ainsi que les finances de leur petite ville. Sauver des vies n’a pas de prix, nous tiendrons bon, mais encore faut-il que l’État agisse pour que les moyens que nous mobilisons soient utilisés dans la pleine expression de leurs capacités !

Nous espérons commencer dans les prochaines semaines, si les doses de vaccins sont disponibles, une nouvelle étape de la campagne de vaccination. Il ne s’agit donc plus de professer de grands discours mais d’être dans l’action très concrète. Quelles sont nos marges de manœuvre ? Quels sont les dispositifs que nous pourrons mettre en place ? Quelle sera la part de l’État et celle des collectivités ? Un seul mot d’ordre pour les prochains jours, celui de l’anticipation. Il serait parfaitement stérile d’être en possession de milliers de doses de vaccins mais de ne pas avoir, cette fois-ci, les capacités financières et humaines pour les déployer.

Être au rendez-vous des prochaines échéances

Nous souhaitons être au rendez-vous et voici les propositions que nous formulons pour anticiper, efficacement, les prochaines échéances de la campagne de vaccination :

  1. informer en temps réel de la disponibilité des doses ;
  2. vacciner dès que les doses arrivent sans constituer des stocks trop importants ;
  3. permettre aux pharmacies volontaires de vacciner, ce qui sous-entend que les assurances donnent le feu vert ;
  4. vacciner tous les soignants volontaires, y compris les aides à domicile ;
  5. démultiplier les centres de vaccination, avec un centre par ancien canton ;
  6. créer des unités mobiles pour véhiculer les personnes jusqu’aux centres de vaccination et permettre au vaccin d’accéder au domicile de celles qui ne peuvent pas se déplacer ;
  7. permettre aux unités mobiles de vacciner dans des lieux et groupements collectifs ;
  8. harmoniser au niveau européen les conditions d’accès aux nouveaux vaccins, au fur et à mesure qu’ils arrivent sur le marché, pour une mise en œuvre plus rapide ;
  9. permettre, à l’échelle européenne, de faciliter la fabrication des vaccins en utilisant toutes les infrastructures de production industrielles disponibles ;
  10. faire des vaccins un bien commun au niveau mondial.

Ces dix propositions sont là pour rappeler et défendre le volontarisme des collectivités dans cette campagne de vaccination qui, malgré des difficultés, restera sans faille.

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