Capture du site web du département de l'Ardèche, section projets participatif
Environnement

Les approches participatives et territoriales au service de la transition écologique (André Jaunay)

Triune d’André Jaunay, animateur du Groupe de travail national “Territoires et financements innovants”, docteur en sciences de gestion.

Diverses catégories sociales -les pauvres, les automobilistes, les chasseurs, les adhérents de la FNSEA, etc.- apparaissent souvent comme autant d’obstacles sur les chemins de la transition. Les “écolos” ne sont d’ailleurs pas toujours étrangers à ces réputations qui sont à la fois caricaturales et hautement contre-productives.

Quoi qu’il en soit, les responsables politiques peinent à associer l’ensemble des catégories sociales.

Par ailleurs, même ceux de nos contemporains qui sont convaincus des enjeux peinent à modifier leur comportement.

Enfin beaucoup d’actions présumées vertueuses et qui engagent beaucoup de moyens financiers et de communication s’avèrent en réalité très superficielles. Une étude allemande établit que parmi les opérations “compensation carbone”, seules 2% apportent des résultats conformes aux promesses initiales.

Les études, rapports, prêches et élans lyriques ou juvéniles des experts et militants ne suffisent décidément pas, il faut rechercher des modes d’intervention nouveaux.

Alors que la transition des territoires, de leurs organisations publiques et privées et de leurs habitants est en première hypothèse largement impactée par des facteurs externes -la mondialisation- il est pertinent de tester une approche apparemment paradoxale en misant sur la prise de responsabilité de ces acteurs.

Le participatif, qu’il soit démocratique ou financier, constitue une révolution, une transformation quantitative et qualitative qui, parce qu’il redistribue des capacités d’action, peut favoriser les changements de comportements.

Pour ne prendre que le participatif financier, il est maintenant avéré que la plupart des habitants auxquels sont proposés des projets choisissent de soutenir les projets dits “aspirationnels”, c’est-à-dire ceux qui ont du sens, traitent les défis contemporains, notamment environnementaux, et sont à proximité[1]. Or ce participatif financier est désormais important : le milliard d’euros a été dépassé en 2020 (+ 40%/ 2019), et compte tenu des montants en jeu, il n’y a pas de barrière à l’entrée, et l’ensemble des épargnants peuvent participer et participent effectivement.

Si on sait que l’épargne fuit de plus en plus les territoires… depuis 2000 ce “taux de fuite” est passé de 29 à 43 % à l’échelle nationale[2], ce qui suggère une évasion également croissante aux échelles infra-nationales, les territoires ont désormais un devoir de veille et d’action pour valoriser cette ressource.

Le territoire est l’autre levier pertinent. La valorisation locale de ses ressources financières et l’appui aux circuits d’échanges locaux sont très vertueux.

Les entreprises dites “locales” au sens de Michael Shuman, parce que leurs dirigeants et leurs actionnaires sont locaux, ont un meilleur comportement social et environnemental que celles qui sont sans ancrage local.

Les circuits courts -via le troc inter-entreprises, les échanges alimentaires locaux, les plans carbone territoriaux (La Rochelle), de meilleurs comportements d’achat de la part des grands comptes publics et privés, mécénat territorial, etc.- déterminent, par la mobilisation des diverses catégories d’acteurs et par la transparence naturelle à la proximité, de meilleurs impacts et une meilleure appropriation des objectifs et des modes d’intervention.

La prise de responsabilité des acteurs locaux sur les ressources et échanges locaux, engagée désormais chez les habitants, doit donc devenir une préoccupation partagée par les décideurs locaux.

Une ingénierie dédiée s’impose.

Rappelons qu’un investissement ancré, c’est-à-dire marqué par l’implication des entreprises et épargnants locaux aura beaucoup plus de retombées locales au bout de 20 ans : elles varieront d’un facteur 2 à 8 selon le degré d’implication desdits entreprises et épargnants locaux[3].

Quelques collectivités intègrent désormais ces approches participatives territoriales, avec des effets positifs multiples… et à moindre coût :

Ces approches participatives et territoriales suggèrent une mise en valeur et un partage renforcés : via un “Salon des territoires” ?


[1] étude Financement Participatif France sur les contributeurs, 2018

[2] données Banque de France

[3] étude université Kassel

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