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L’Union : des capteurs pour mesurer les ondes 4G et 5G

Signataire d’une tribune demandant un moratoire sur la 5G, le maire de L’Union (Haute-Garonne) s’apprête à doter la commune de capteurs pour surveiller les niveaux d’exposition aux ondes. Une première en France, qui permettra aux citoyens de connaître en continu l’impact des réseaux 4G et 5G sur leur quotidien. 

La demande de moratoire portée par près de 70 élus, en septembre dernier, n’aura guère été suivie d’effet. Le déploiement de la 5G a bien eu lieu mais Marc Péré, maire de L’Union, ne compte pas en rester là. Contactée par le laboratoire toulousain Exem, la commune projette de déployer d’ici l’été plusieurs capteurs pour mesurer les ondes émises par les antennes 4G et 5G. Ceux-ci se présentent sous la forme de parallélépipèdes de vingt centimètres de long et s’installent sur des candélabres, à trois ou quatre mètres de hauteur.

Une initiative pionnière en France

Si ces capteurs sont déjà testés de façon très localisée à Paris, Marseille, Nantes et Bordeaux, L’Union sera la première commune en France à mettre en place un véritable système opérationnel, couvrant l’intégralité du territoire municipal. Les données collectées seront mises à jour toutes les heures et accessibles au public depuis le site observatoiredesondes.fr. « C’est une révolution », assure Marc Péré. Fini les mesures ponctuelles, le dispositif récoltera des données sans interruption, aussi bien le jour que la nuit. Cette continuité est d’autant plus importante que les antennes 5G sont dites « actives », et pointent leurs faisceaux en fonction des utilisations du réseau. Les niveaux d’exposition aux ondes fluctuent ainsi considérablement d’un moment à l’autre de la journée.

Le système sera capable de capter toutes les ondes émises dans une bande allant de 80 MHz à 6 GHz. La transmission des données collectées sera assurée par la technologie bas-débit Sigfox, régulièrement utilisée dans le cadre des objets connectés. Quatre capteurs suffiront, dans un premier temps, à mailler l’ensemble de la commune et seront stratégiquement placés à des endroits susceptibles d’être « arrosés » par des antennes.

Une perspective démocratique et citoyenne

Dans un second temps, les groupes scolaires pourront accueillir des capteurs supplémentaires. Cette possibilité sera laissée à la discrétion du Parlement des écoles, « une initiative unique qui regroupe des parents, des élèves de CM2, des enseignants, des élus et des représentants de l’administration », explique Marc Péré. C’est cette instance citoyenne qui décidera si la présence de capteurs spécifiques est nécessaire dans les écoles.

En termes de budget, le premier déploiement de quatre boîtiers représente un coût inférieur à 10 000 euros par an. Interrogés au micro de France Bleu, plusieurs habitants ont déjà fait savoir leur satisfaction. « Je pense que c’est un passage obligé pour les communes », précise le maire de L’Union, « car si elles ne le font pas, ce sera la porte ouverte aux fake news et aux fantasmes ». Loin de considérer qu’il s’agit d’un gadget, l’édile y voit le moyen de rassembler des données objectives, validées et officielles.

Et si les mesures dépassent les valeurs cibles ? « Si nous constatons des points atypiques ou des dépassements, nous sommes optimistes sur le fait que nos discussions avec les opérateurs convergeront positivement », conclut Marc Péré. Pas un outil de limitation des ondes, donc, mais une source d’information indispensable pour armer la puissance publique en données fiables et lui permettre d’alerter les opérateurs sur d’éventuels dysfonctionnements.

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