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Environnement

Faut-il avoir peur de la 5G ?

Depuis sa mise au point en 2015, la 5G suscite des réactions très diverses. D’un côté, il y a les convaincus des nombreux bénéfices de la cinquième génération de standards pour la téléphonie mobile : débit pouvant aller jusqu’à 10 Gbits/s (contre 100 Mbits/s aujourd’hui), réduction conséquente de la latence, possibilité de connectivité massive sans réduction de débit, possibilité de connecter au réseau les objets du quotidien moins énergivores que la 4G, etc. De l’autre, les sceptiques qui critiquent la consommation énergétique de cette technologie, d’éventuelles failles de sécurité et des problèmes que celle-ci pourrait entraîner sur la santé humaine. Mais qu’en est-il vraiment ?

La 5G aura-t-elle des conséquences sur l’environnement ?

C’est l’un des principaux arguments brandis par les détracteurs de la 5G, selon qui celle-ci aurait un impact environnemental certain. Dans la mesure où la 5G permet, entre autres, une remarquable amélioration du traitement des données, celle-ci entraînerait une utilisation accrue de nos téléphones et donc de notre consommation d’énergie. Par ailleurs, celle-ci impliquerait de changer d’appareils, ce qui aurait nécessairement un impact écologique.

La 5G est pourtant, à utilisation constante, moins énergivore que la 4G du fait notamment de la présence d’antennes directionnelles. La question de la consommation d’énergie se pose en revanche dans la mesure où l’amélioration des technologies entraîne une hausse de l’utilisation des smartphones. Si cette dernière n’a pas attendu l’invention de la 5G, 1,4 milliard de smartphones ayant été livrés en 2018, la réduction de la facture énergétique constitue de facto un enjeu prioritaire pour les équipementiers et opérateurs téléphoniques. Ceux-ci travaillent notamment sur des systèmes moins énergivores, par exemple en décentralisant le traitement des données pour répartir la puissance de calcul entre plusieurs serveurs.

Reste le problème des data centers. La 5G n’est en effet qu’un moyen de transport des données (un moyen de transport moins énergivore, qui plus est). Les data denters qui permettent de stocker les données sont, en revanche, gourmands en énergie. Pour que ceux-ci conservent une température comprise entre 20 °C et 35 °C, ils nécessitent généralement un système de climatisation et des onduleurs, afin de refroidir les serveurs, source d’une importante consommation énergétique. Un problème auquel les acteurs du numérique ont décidé de se confronter de manières diverses. Microsoft a ainsi opté pour l’immersion de ses data centers dans des eaux glaciales en Écosse quand Facebook a, pour sa part, délocalisé ses data centers à proximité du cercle polaire, afin que ceux-ci soient refroidis de manière naturelle par les vents polaires. Mais d’autres pistes sont envisagées, comme l’utilisation de l’énergie hydro-électrique pour alimenter les climatiseurs de ces systèmes.

La 5G est-elle sans danger pour la santé ?

Dès lors qu’il est question d’ondes électromagnétiques, des inquiétudes se font jour concernant la santé humaine. Si l’OMS affirme que « malgré de nombreuses recherches, rien n’indique pour l’instant que l’exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité soit dangereuse pour la santé humaine », certains détracteurs de la 5G sont d’avis que cette nouvelle génération des standards de la téléphonie mobile pourrait avoir des effets sanitaires en raison de la longueur d’onde de la 5G, plus courte que celle de la 4G.

Si les scientifiques s’accordent à dire que localement, et de manière ponctuelle, notre exposition à la 5G serait plus élevée qu’avec la 4G, l’exposition moyenne devrait quant à elle être moindre en raison des antennes directionnelles MIMO (Multiple-Input Multiple-Output). Ces dernières permettent en effet une exposition plus ponctuelle aux ondes, en ciblant l’utilisateur du téléphone uniquement pendant la durée de l’utilisation.

Par ailleurs, la 5G devrait, dans sa première phase, utiliser des fréquences comparables à celle de la 4G (autour de 3,5 GHz). De ce fait, dans cette première phase, la 5G sera soumise aux mêmes réglementations que la 4G. L’Agence nationale des fréquences (ANFR) veillera à ce que ces réglementations soient respectées. Dans ses phases ultérieures, la 5G devrait pouvoir atteindre des fréquences bien plus hautes (jusqu’à 80 GHz), pour permettre l’utilisation de voitures intelligentes, l’éclairage public ou les dispositifs médicaux. Cette évolution s’accompagnera d’une réévaluation par l’ANFR des seuils autorisés afin de garantir l’absence de problème pour la santé humaine.

La 5G pose-t-elle un problème de cybersécurité ?

C’est le troisième sujet qui suscite des interrogations et des doutes concernant le déploiement de la 5G. Selon ses détracteurs, la nouvelle génération de standards pour la téléphonie mobile poserait un véritable problème de cybersécurité. Des soupçons qui prospèrent sur fond de rivalité entre les États-Unis et la Chine.

La 5G pourrait-elle être utilisée par des industriels et Pékin afin de faire de l’espionnage massif, à l’aide d’une « porte dérobée » cachée dans le code-source des téléphones mobiles d’origine chinoise ? C’est ce qu’affirme le gouvernement américain qui a pris la décision d’interdire les mobiles de la marque Huawei dans le réseau 5G des États-Unis. Mais cette crainte est-elle fondée ? Ces soupçons s’inscrivent dans un climat de méfiance généralisée, qu’a alimenté par exemple l’affaire Snowden. Cette dernière a montré comment les technologies du web peuvent être retournées par des gouvernements à des fins de surveillance. Pour répondre à ces inquiétudes, l’équipementier Huawei a décidé de jouer la carte de la transparence. En mars 2019, l’entreprise chinoise a inauguré un centre de cybersécurité à Bruxelles, centre dans lequel a été dévoilé le code-source créé et utilisé par l’équipementier. Une initiative qui n’a pas cependant suffi à faire taire les soupçons.

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