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Environnement

Quand la grande distribution mise sur le produire local

La grande distribution a figuré parmi les acteurs économiques les plus engagés pendant la crise de la Covid-19 et le confinement. Dès le début du mois de mars, les enseignes de la grande distribution ont dû faire face à un afflux inédit de clients qui procédaient à des achats de précaution avant l’annonce du confinement. Puis, pendant près de deux mois, les groupes de la distribution ont continué à assurer un service constant, tout en participant à leur manière à l’élan de solidarité nationale, notamment envers les producteurs locaux.

La crise de la Covid-19 a créé un chamboulement sans précédent sur le territoire de l’Union européenne ainsi qu’au sein de l’Hexagone dans le domaine agricole. La fermeture des restaurants et des cantines en France a notamment donné lieu à une fermeture de débouchés inédite pour la filière maraîchère française, ainsi que pour de nombreux acteurs de la production agricole. Alors que les enseignes de la grande distribution faisaient preuve, dans le cadre de la crise sanitaire de la Covid-19, d’une véritable mission de service public, des groupes comme Carrefour, Intermarché ou Casino ont su apporter leur concours à la filière agricole française. La grande distribution a en effet constitué, et constitue encore, un acteur économique qui mise sur les productions locales.

La production agricole française face à des difficultés pendant la crise sanitaire

Surproduction de pommes de terre initialement destinées aux cantines scolaires ou aux restaurants pour en faire des frites, fermeture des marchés, etc. : les difficultés rencontrées par la filière de la production agricole française sont nombreuses pendant la crise de la Covid-19, du fait de la perte de nombreux débouchés traditionnels. Malgré le secours apporté par les organismes Amap à la filière agricole nationale, les producteurs et maraîchers de France ont tiré, à de nombreuses reprises, la sonnette d’alarme. Une partie des agriculteurs français ont en effet fait face à des surproductions, à des défauts de main d’œuvre ou à des contraintes d’approvisionnement. Dans le Pas-de-Calais, ce sont par exemple 150 tonnes d’invendus qui se sont accumulées, à défaut de trouver des solutions pragmatiques pour vendre les productions des mois de mars et d’avril.

Grande distribution et production locale

Mais, dès le début de la crise sanitaire, alors que certains producteurs ont réussi à écouler une partie de leurs stocks aux particuliers en mettant en place des systèmes de « drive » ou de vente à domicile, certains ont réussi à entretenir des partenariats avec des grandes chaînes de distribution. C’est le pari dans lequel les groupes de la grande distribution se sont lancés afin de venir en aide aux productions locales.

Différentes initiatives ont alors vu le jour afin de soutenir la production française au sein des enseignes de la grande distribution. Entre les ventes solidaires, effectuées lors du week-end de Pâques par le groupe Casino, et l’ouverture des portes des principales enseignes aux producteurs locaux pendant la crise, comme ce fut le cas pour Système U ou E.Leclerc, les maraîchers français ont pu compter sur la grande distribution pour maintenir un certain rythme dans l’écoulement de leurs stocks.

Un partenariat avec les productions locales qui devrait durer

La crise de la Covid-19 a en effet changé, dans un laps de temps court et de façon contraignante, les habitudes de consommation des Français. Ainsi, du fait de la fermeture des frontières, les enseignes de la grande distribution ont, dès le début du confinement, invité leurs clients à consommer des produits français, voire issus de productions très locales. Alors que certains groupes comme Carrefour disposaient déjà de partenariats du même type avec des producteurs locaux, ceux-ci se sont multipliés pendant la crise. Et devraient s’installer dans le long terme.

En effet, avec le déconfinement, les Français ont maintenu les nouvelles habitudes ainsi créées. C’est ce que met en avant une étude Ipsos réalisée pour l’Observatoire E.Leclerc des nouvelles consommations. Ils restent 63 %, selon cette étude, à confirmer vouloir consommer le plus possible de produits locaux. Face à de nouvelles demandes de la part des Français, qui veulent de plus en plus privilégier les circuits courts et les producteurs locaux dans leurs achats quotidiens d’alimentation, la grande distribution s’apprête à installer durablement la vente et la promotion de produits de proximité.

D’initiative solidaire due aux circonstances de la crise sanitaire à une implantation durable dans les mentalités des consommateurs, le pari sur les productions locales par la grande distribution devrait engager des mutations profondes dans les manières de consommer. Il en va de même pour le lien entretenu entre le domaine de la grande distribution, l’agriculture locale et les consommateurs, qui restent les premiers concernés par les mutations des pratiques des différentes enseignes.

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